Pour accompagner la représentation de « Captif », sa nouvelle création, le Théâtre du Totem invite le photographe Elie Galey à exposer et à témoigner de son expérience de la guerre. Ce sera mardi 3 juin 2025, à Hillion (Côtes-d’Armor).
Ouest-France Emmanuelle MÉTIVIER. Publié le 17/05/2025 à 08h33
L’itinéraire et le travail d’Elie Galey, ancien photoreporter au Moyen-Orient, aujourd’hui installé à Pordic (Côtes-d’Armor), ne pouvaient que toucher Zouliha Magri et faire écho à Captif , la dernière pièce qu’elle a écrite et mise en scène. Celle-ci raconte en effet l’histoire d’un reporter de guerre retenu comme otage. Ses réflexions, ses souvenirs, son angoisse, ses espoirs. Une pièce interprétée par Christophe Duffay, à l’ambiance sonore prenante signée Jacques-Yves Lafontaine, avec la participation du violoncelliste Dimitri Pereira.
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« J’ai trouvé ce spectacle du Totem très vrai »
En janvier dernier, lors de la représentation de la pièce à Saint-Brieuc, la metteuse en scène du Théâtre du Totem avait organisé un débat en présence de Martine Gauffeny, référente de l’association SOS Otages, originaire de Lantic. En juin, pour la dernière date de Captif cette saison, c’est maintenant Elie Galey qu’elle invite à Hillion. « Je trouve intéressant de prolonger le propos de la pièce en faisant intervenir des personnes du territoire », poursuit Zouliha Magri.
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Composée d’une quinzaine d’images, une exposition d’Elie Galey sur les Yézidis sera ainsi présentée à l’espace Palante. Une façon de prolonger le spectacle. De plus, à l’issue de la représentation, une rencontre aura lieu, au cours de laquelle le photographe échangera avec le public sur son métier et son expérience sur le terrain. « J’ai trouvé ce spectacle du Totem très vrai », confie Elie Galey. Il sait de quoi il parle, puisqu’il peut lui-même témoigner de ce qu’est vivre et travailler en situation de guerre, connaître le danger constant.
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« Je voyais les obus tomber autour, dans l’eau »
Aujourd’hui spécialisé dans le portrait en studio, il a fait ses premières armes photographiques dans son Liban natal, au début des années 1980. « Je faisais partie de la communauté chrétienne, raconte-t-il. Nous étions nous-mêmes captifs en quelque sorte, car limités à un territoire de 2 000 km2. Il y avait les barrages syriens de chaque côté. L’unique échappatoire était la Méditerranée. Les chrétiens s’enfuyaient par bateau, en pleine nuit, sous les bombardements palestiniens et syriens. Quand je suis parti, en 1989, je voyais les obus tomber autour, dans l’eau. »
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Documenter les trésors culturels et archéologiques
Reporter free-lance au Proche-Orient, Elie Galey a sillonné l’Irak, la Syrie, la Libye, la Jordanie, la Palestine, cherchant à rendre compte de la vie quotidienne des gens, mais aussi à documenter les trésors culturels et archéologiques que ces régions recelaient. Beaucoup ont désormais disparu, victimes de la fureur humaine.
Les photos des Yézidis qu’il présentera à Hillion ont été prises de 2000 à 2002, lors de huit séjours au Moyen-Orient. Cette communauté est reconnue victime d’un génocide depuis 2021.
Mardi 3 juin 2025, à 20 h 30, Captif, à l’espace Palante, à Hillion. Réservations sur le site de l’espace Palante.