Sous le " signe de Dieu " - les chi’ites d’Irak    
   


        La majorité des musulmans irakiens (environ 60 %) sont chi’ites. Cependant, c’est la minorité sunnite qui détient tous les pouvoirs. En état de rébellion endémique, les chi’ites font régulièrement les frais de leur indocilité et des soupçons qui pèsent sur leur loyalisme (ils entretiendraient de coupables relations avec l’ennemi juré, l’Iran, de confession chi’ite). La dernière révolte d’envergure remonte à la guerre de 1991, suivie d’une répression brutale.

        Le chi’isme est né en Irak lorsque le gendre du Prophète, Ali, fut assassiné à Najaf en 661. Ainsi débutait une tradition, qui devait faire de la figure du " martyr " (chahîd) l’essence même de l’islam chi’ite. C’est en Irak que se trouvent les lieux saints, vers lesquels convergent tous les chi’ites du monde : Najaf, Karbalâ (lieu du martyre d’Husayn, second fils d’Ali), Kûfa, Sâmâra, mais aussi la grande mosquée al-Kazimiya à Bagdad.

        C’est aussi en Irak qu’est né, dans les années 60, le concept de " République islamique ", élaboré par deux ayatollah (littéralement " signe de Dieu "), l’Irakien Mohammed Bakr Al-Sadr et l’Iranien Rouhallah Khomeyni. On le sait c’est en 1979, en Iran, que triompha cette théorie politique. Il reste que les plus radicaux des chi’ites d’Irak – regroupés au sein du " Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak ", financé par les États-Unis - ne désespèrent pas de parvenir à instaurer une théocratie en Mésopotamie.


Le reportage

        Nous avons effectué ce reportage dans les villes saintes de Najaf et Karbalâ, ainsi qu’à la grande mosquée al-Kazimiya. Nous avons notamment pu pénétrer dans certains sanctuaires, d’ordinaire strictement interdits aux étrangers. À cela s’ajoute une visite aux populations des marais (les ma’dan), tous de confession chi’ite (les marais constituent traditionnellement la " base arrière " des insurgés chi’ites).

        Alors que l’on semble s’approcher de l’heure de vérité en Irak, il serait intéressant de donner un coup de projecteur sur la première communauté d’Irak, qui pourrait être tentée de s’emparer du pouvoir et de créer un " axe " Bagdad-Téhéran, ce qui ne manquerait pas d’inquiéter les monarchies du Golfe, mais aussi l’Occident.


Les auteurs

Pierre PINTA :
chargé de cours de géopolitique, journaliste et conférencier, spécialiste du Proche et du Moyen-Orient. Vient de publier " L’Irak " aux Éditions Karthala.
Contact : 01.46.28.86.95. / 06.09.80.57.82. / geopol@club-internet.fr

Elie GALEY :
photographe professionnel ; a effectué de nombreux reportages au Proche et au Moyen-Orient.
Contact : 01.46.78.94.87. / 06.61.47.63.01. / levantin@free.fr
Pour plus d’infos sur les auteurs : consulter le site www.salamlak.com (photos & publications)

© Pierre PINTA (textes) & Élie GALEY (photos) – mars 2003